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par Aurélie ARNAUD - Cabinet 2A avocat
Avocat en droit du travail Paris
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Le « droit d'alerte » permet au Comité social et économique (CSE) ou à ses membres, selon les cas, de saisir rapidement l'employeur lorsqu'ils constatent une situation préoccupante, afin d'obtenir des explications, déclencher une enquête et, le cas échéant, provoquer des mesures correctrices ou une délibération des organes de gouvernance de l'entreprise.
Il existe plusieurs droits d'alerte distincts selon l'objet du signalement :
1) Atteinte aux droits des personnes ou à la santé
2) Danger grave et imminent
3) Alerte économique
4) « Alertes sociales » sur le recours massif aux contrats précaires
Champ et titulaire :
Procédure opérationnelle :
En cas de carence de l'employeur ou de divergence sur la réalité de l'atteinte, saisine directe du bureau de jugement du Conseil de prud'hommes par le salarié, ou par le membre du CSE si le salarié averti par écrit ne s'y oppose pas, selon la procédure accélérée au fond ; le juge peut ordonner toutes mesures propres à faire cesser l'atteinte et assortir sa décision d'une astreinte liquidée au profit du Trésor.
Dans un arrêt du 3 décembre 2025, la chambre sociale de la Cour de cassation apporte des précisions inédites sur les conditions d'exercice du droit d'alerte prévu par l'article L. 2312-59 du code du travail, en définissant son périmètre, en écartant tout formalisme excessif et en consacrant l'indépendance de cette action collective par rapport aux recours individuels du salarié (Cass. soc. 3-12-2025, n° 24-10.326).
Champ et articulation avec le droit de retrait :
En cas de cause de danger grave et imminent, un membre du CSE déclenche l'alerte parallèlement au droit de retrait du salarié, selon la procédure des articles L. 4132-1 et s.
Procédure opérationnelle :
Avis immédiat à l'employeur et consignation sur le registre spécial ; enquête sur‑le‑champ et mesures correctrices nécessaires.
En cas de divergence sur la réalité du danger ou les mesures, réunion d'urgence du CSE sous 24 heures, information immédiate de l'inspection du travail et du service prévention de la CARSAT ; à défaut d'accord, saisine immédiate de l'inspecteur du travail.
Quand l'utiliser :
Compétence dans les groupes et établissements : Dans les entreprises à établissements distincts, l'alerte économique est réservée au CSE central, même si les CSE d'établissement souhaitent agir.
Étapes procédurales :
Contrôle du juge et risques d'abus :
Le CSE apprécie les faits, mais l'employeur peut contester ; l'opportunité finale relève des juges du fond, non de la Cour de cassation.
L'employeur ne peut pas se retrancher derrière un refus d'explications pour bloquer l'alerte ; au contraire, ce refus neutralise son argument de « trouble manifestement illicite » en référé.
Bonnes pratiques de mise en œuvre :
En cas d'accroissement important du nombre de CDD et d'intérimaires par rapport à la dernière réunion ayant abordé ce point, la question est inscrite de plein droit à l'ordre du jour de la prochaine réunion ordinaire si la majorité des membres du CSE le demande, l'employeur devant communiquer les chiffres, motifs de recours et le nombre de journées travaillées.
Pour toute question ou problématique que vous rencontrez, vous pouvez prendre rendez-vous en cabinet ou fixer un rendez-vous à distance (Zoom, skype ou téléphone) selon votre préférence.
2A avocat
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