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par Aurélie ARNAUD - Cabinet 2A avocat
Avocat en droit du travail Paris
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La directive européenne (UE) 2023/970 du 10 mai 2023 impose de nouvelles obligations de transparence salariale aux employeurs.
La France devait la transposer avant le 7 juin 2026 ; en raison d'un calendrier parlementaire chargé, un projet de loi a été transmis aux partenaires sociaux en mars 2026, la transposition effective étant attendue d'ici la fin 2026 ou début 2027. Malgré cette incertitude calendaire, les entreprises doivent d'ores et déjà se préparer : les obligations issues de la directive sont connues et leur mise en œuvre exige des délais d'adaptation significatifs.
La directive s'applique à l'ensemble des employeurs, publics et privés quel que soit leur effectif.
Mais les obligations les plus contraignantes concernant le reporting des écarts de rémunération sont graduées selon la taille de l'entreprise :
| Effectif | Obligation de reporting sur les écarts de rémunération | Entrée en vigueur (calendrier UE) |
|---|---|---|
| 250 salariés et + | Publication annuelle des écarts de rémunération | À partir du 7 juin 2027 |
| 100 à 249 salariés | Publication tous les 3 ans | À partir du 7 juin 2031 |
| Moins de 100 salariés | Obligations allégées (l'État membre peut exempter) | À définir par la future loi française. |
Quelle que soit leur taille, toutes les entreprises sont soumises aux nouvelles obligations relatives au recrutement et au droit à l'information des salariés dès l'entrée en vigueur de la loi de transposition.
La directive modifie profondément les pratiques d'embauche. Trois règles s'imposent :
Tout salarié pourra demander par écrit à son employeur :
Délai : l'employeur devra répondre dans un délai de deux mois.
Au-delà d'un seuil de 100 salariés (sauf autre disposition dans la future loi), les entreprises devront publier périodiquement leurs données sur les écarts de rémunération femmes-hommes. Si un écart injustifié de plus de 5 % est constaté dans une catégorie de salariés, l'employeur sera tenu :
| Point de vigilance : la France dispose actuellement de l'Index de l'égalité professionnelle (entreprises de 50 salariés et plus). La loi de transposition devra articuler ces deux dispositifs. Les entreprises qui maintiennent déjà un Index à jour auront une longueur d'avance. |
En cas de contentieux pour discrimination salariale, la charge de la preuve sera renversée : c'est à l'employeur de démontrer l'absence de discrimination. Les salariés victimes pourront toujours obtenir réparation intégrale de leur préjudice, sans plafond légal. Des sanctions administratives graduées (pouvant être proportionnelles à la masse salariale) sont également prévues, ainsi qu'une possible exclusion des marchés publics.
Avant toute chose, cartographier l'existant :
La directive exige que les critères de classification/catégorisation des emplois soient neutres du point de vue du genre. Il convient de :
Cette obligation est l'une des plus immédiates à mettre en place :
Anticiper les demandes des salariés en :
Les représentants du personnel joueront un rôle central dans l'évaluation conjointe des écarts. Il est recommandé de :
La conformité ne repose pas uniquement sur des outils : elle implique une évolution des pratiques et des comportements :
La directive impose un reporting précis. Cela suppose :
La directive (UE) 2023/970 sur la transparence des salaires représente une transformation structurelle des pratiques de gestion des ressources humaines. Loin d'être une simple formalité administrative, elle impose une véritable révision de la politique salariale, des processus de recrutement et du dialogue social.
Plus les entreprises anticiperont, moins la mise en conformité sera douloureuse — et plus elles pourront transformer cette contrainte réglementaire en levier d'attractivité et de confiance.
Pour toute question ou problématique que vous rencontrez, vous pouvez prendre rendez-vous en cabinet ou fixer un rendez-vous à distance (Zoom, skype ou téléphone) selon votre préférence.
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