Qu'est-ce que le licenciement pour absences prolongées perturbant le fonctionnement de l'entreprise ?

Publié le :

par Aurélie ARNAUD - Cabinet 2A avocat
Avocat en droit du travail Paris

Licenciement pour absences prolongées perturbant le fonctionnement de l'entreprise

Image de Open AI

Le principe est clair : un salarié ne peut jamais être licencié en raison de son état de santé.

En revanche, la jurisprudence admet un licenciement lorsque les absences prolongées ou répétées du salarié désorganisent objectivement l'entreprise et rendent nécessaire son remplacement définitif. (Cass. soc. 13-3-2001 n° 99-40.110 ; 2-3-2005 n° 03-42.800).

Faisons le point :

1. Fondement juridique

Ce licenciement repose sur une construction jurisprudentielle fondée sur l'article L.1132-1 du Code du travail, qui interdit les discriminations liées à l'état de santé.

La Cour de cassation considère toutefois que l'interdiction ne s'oppose pas à un licenciement motivé non par la maladie elle-même, mais par « la situation objective de l'entreprise ».

2. Conditions cumulatives à réunir

L'employeur doit démontrer simultanément :

Une perturbation réelle du fonctionnement de l'entreprise

Les absences doivent provoquer une désorganisation concrète de l'entreprise :

  • surcharge des équipes ;
  • impossibilité d'assurer certaines missions ;
  • retards ;
  • difficultés d'organisation ;
  • atteinte à l'activité ou au fonctionnement du service.

La simple absence du salarié ne suffit pas. La preuve de la désorganisation appartient à l'employeur.

Point important : La jurisprudence exige une perturbation de l'entreprise elle-même, et non du seul service, sauf si ce service est essentiel au fonctionnement global.

La nécessité d'un remplacement définitif

L'employeur doit démontrer qu'il est contraint de recruter durablement un autre salarié pour remplacer l'intéressé.

Le remplacement doit être :

  • définitif (concrètement, en CDI) ;
  • effectif ;
  • réalisé dans un délai proche du licenciement ou raisonnable selon les circonstances.

Un simple recours :

  • à l'intérim,
  • à une réorganisation interne,
  • ou à un prestataire externe,

ne suffit pas à caractériser le remplacement définitif.

3. Aucun délai minimum d'absence en principe

Il n'existe :

  • ni durée minimale d'arrêt,
  • ni nombre précis d'absences fixé par la loi.

Néanmoins, l'employeur ne doit pas agir avec une hâte excessive (Cass. soc. 30-10-2007 n° 06-42.482), en particulier lorsque le retour du salarié est envisageable ou prévu (Cass. soc. 5-1-1999 n° 96-44.606 ; 30-5-2007 n° 06-42.796).

Et surtout, il convient de vérifier la Convention collective avant d'entamer une procédure de licenciement : en effet, certaines conventions collectives interdisent tout licenciement pendant une durée déterminée d'absence (3 mois, 6 mois, 1 an, etc.).

Les juges apprécient ensuite au cas par cas selon :

  • la taille de l'entreprise ;
  • les fonctions du salarié ;
  • la difficulté de remplacement ;
  • l'impact concret sur l'activité.

Une petite structure ou un poste stratégique permet plus facilement de caractériser une désorganisation.

4. Situations où le licenciement est interdit

A. Accident du travail ou maladie professionnelle

Le salarié bénéficie alors d'une protection renforcée.
Le licenciement pour perturbation de l'entreprise est exclu.

Seuls restent possibles :

  • la faute grave ;
  • ou l'impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l'accident ou à la maladie professionnelle.

B. Manquement de l'employeur à son obligation de sécurité

Le licenciement devient très risqué si l'absence trouve son origine dans :

  • un harcèlement moral ;
  • une surcharge de travail ;
  • des conditions de travail dégradées ;
  • un manquement à la prévention des risques.

Dans ce cas, le licenciement peut être jugé nul comme discriminatoire ou en raison d'une situation de harcèlement moral.

5. Procédure à respecter

Il s'agit d'un licenciement pour motif personnel.
L'employeur doit respecter la procédure classique de licenciement :

  • convocation à entretien préalable ;
  • entretien préalable ;
  • notification écrite motivée du licenciement.

La lettre de licenciement doit détailler :

  1. les perturbations subies par l'entreprise ;
  2. la nécessité du remplacement définitif ;
  3. les circonstances concrètes justifiant la rupture.

6. Contrôle des juges

Les juridictions vérifient strictement :

  • la réalité de la désorganisation ;
  • le lien entre les absences et cette désorganisation ;
  • l'existence d'un remplacement définitif réel ;
  • la proximité temporelle entre licenciement et recrutement.

Par exemple, la Cour de cassation a censuré un licenciement lorsque le remplacement n'était intervenu que six mois après la rupture, considérant que la nécessité du remplacement n'était pas démontrée.

7. Risques en cas d'irrégularité

Si les conditions ne sont pas réunies :

  • le licenciement peut être jugé sans cause réelle et sérieuse ;
  • voire nul s'il apparaît fondé en réalité sur l'état de santé du salarié.

Contactez-nous

01.89.86.44.94




CONTACTEZ-NOUS

01.89.86.44.94




CONTACTEZ-NOUS

01.89.86.44.94




Voir toutes les publications

CONSULTATIONS

Pour toute question ou problématique que vous rencontrez, vous pouvez prendre rendez-vous en cabinet ou fixer un rendez-vous à distance (Zoom, skype ou téléphone) selon votre préférence.

Consulter mon profil Avocat.fr
A propos

2A avocat
Cabinet Spécialiste en Droit du travail à Paris et Droit de la Sécurité Sociale

Contact

Cabinet Aurélie ARNAUD E.I.
97 rue de Monceau
75008 Paris

   arnaud@2a-avocat.com

   01 89 86 44 94

Avocat divorce Paris
Conception : Sylvain Mahé – créateur de site web spécialisé en référencement naturel local
Propulsé par yaaKa